Publié le 06/06/2011 | 10:35Par Melinda DAVAN-SOULAS ? Avant d'être un jeu, "L.A. Noire" a été pensé comme un film dont on contr?lerait le héros
DR "L.A. Noire" n'est pas un film, mais un jeu vidéo qui s'est accaparé tous les codes du film noir. Hommage à Hollywood."L.A. Noire" vous entra?ne dans le Los Angeles des années 40-50. Meurtre, corruption, alcool et starlettes en devenir: un cocktail digne d'un polar hollywoodien injecté dans un jeu vidéo truffé de références cinématographiques.
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Il y a les jeux tirés des films, les films adaptés des jeux. Il y a désormais les jeux qui se prennent pour des films. "L.A.Noire", que l'on doit au label Rockstar Games (Grand Theft Auto, Red Dead Redemption) est le premier à embrasser le genre du polar. Une structure narrative et un style de jeu qui en font un ovni dans son art et sans doute le pionnier d'un nouveau genre vidéo-ludique inspiré du cinéma.
Car avant d'être un jeu, "L.A. Noire" a été pensé comme un film dont on contr?lerait le héros. Dans le Los Angeles de 1947, Cole Phelps, un ancien soldat de retour de la guerre, décide d'entrer dans la police avec plein d'idéaux en tête. Débutant comme simple officier, il va grimper dans la hiérarchie pour intégrer la criminelle ou les m?urs à force de résoudre des enquêtes, recueillir des indices, interroger des témoins et procéder à l'arrestation de meurtriers ou d'escrocs.
Des références cinématographiques à foison
"L.A. Noire" n'est sans doute pas révolutionnaire dans sa jouabilité pour les fans de jeux vidéo, mais il l'est par l'atmosphère créée et surtout par la technique employée. Rockstar Games a fait appel au réalisateur Brendan McNamara du studio australien Team Bondi pour donner naissance à un graphisme très proche de celui des films d'animation. L'accent a été mis sur le scénario, avec des dialogues soignés, parfois dr?les et corrosifs.Comme tout bon film, "L.A. Noire" possède, parallèlement à l'histoire principale, une trame de fond (corruption de la police) et un lourd secret du héros. Preuve que le jeu se prend pour un film: les publicités placardées dans les rues pour l'annoncer pouvaient être prises pour des affiches de film. Le jeu débute également par un véritable générique où les noms des graphistes et autres concepteurs ont remplacé ceux des comédiens.
Film noir se déroulant dans les années 50, "L.A. Confidential" de Curtis Hanson, adapté du livre éponyme de James Ellroy, a largement inspiré les créateurs de "L.A. Noire". L'action du jeu se situe d'ailleurs à la fin des années 1940, en amont du L.A. d'Ellroy, après la chute du gangster Mickey Cohen… présent ici de manière récurrente. Comme pour un film, Team Bondi a effectué un travail minutieux de reconstitution et de documentation pour les tenues et les décors. Les principaux monuments de la ville ont été recréés (Pershing Square, la Los Angeles Public Library, le Roosevelt Hotel, etc.), mais aussi les lieux rendus célèbres par des stars d'Hollywood comme le Musso & Frank Grill, un restaurant que fréquentaient assidument Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin ou Rudolph Valentino. Clin d'?il aux films d'antan: le plateau du film "Intolérance" de D.W. Griffith (1916), une reproduction de l'antique Babylone. Un site énorme dont la démolition partielle, entreprise avant 1940, ruina son réalisateur. C'est d'ailleurs le seul anachronisme volontaire des créateurs qui voulaient rendre hommage à la démesure du cinéma hollywoodien d'antan.Les références cinématographiques parsèment également le jeu: La Dame de Shanghai, Le Troisième homme, Sunset Boulevard ou encore Le Grand Sommeil inspirent les enquêtes quand ils ne font pas directement leur apparition dans le jeu. Les studios de la RKO, plus ancienne société indépendante de production de film, apparaissent à plusieurs reprises.La révolution Motion Scan
On connaissait la motion capture, ce procédé qui permet de capter les mouvements d'un élément réel pour les placer dans un environnement virtuel. "L.A. Noire" fait une utilisation maximale de cette technique pour donner plus de vie à ses personnages et la complète par une autre pour pousser le réalisme encore plus loin: la motion Scan.Cette nouvelle technique reproduit avec une grande fidélité les expressions du visage des différents acteurs. Elle a également permis d'enregistrer la voix des comédiens en direct afin de s'éviter tout mauvais doublage qui nuirait à l'un des points clé du jeu, la véracité des réactions des témoins lors des interrogatoires.
Quelque 200 acteurs ont ainsi été "motion scannés". Des acteurs qu'il a fallu diriger comme sur un plateau de tournage pour que leurs expressions soient le plus exactes possibles. Un réalisme tel qu'on reconna?t aisément quelques visages connus. Cole Phelps a ainsi les traits d'Aaron Staton, l'un des héros de la série Mad Men. ? Mickey Cohen, alias Patrick Fischler, est un habitué de David Lynch tandis que les autres personnages vous rappelleront des têtes aper?ues dans Les Experts, Heroes, au cinéma dans La ligne rouge, Le Seigneur des Anneaux ou encore De l'Eau pour les éléphants.S'il en fallait davantage pour démontrer tout l'aspect cinématographique de "L.A. Noire", un seul évènement a donné plus de crédit que tout le reste: une sélection officielle au dernier Festival du film indépendant de Tribeca. Un joli tour de passe-passe réussi par Rockstar Games qui n'avait pourtant qu'une simple démo inédite en stock, le jeu n'étant sorti que fin mai. Mais l'enquête présentée a subjugué les organisateurs. "Ce que Rockstar et Team Bondi ont accompli avec "L.A. Noire" est une véritable révolution", a déclaré Geoff Gilmore, responsable en chef de la création de Tribeca Enterprises. "C’est l’invention d’un nouveau domaine d’intrigue à la fois cinématographique et vidéo-ludique, et un tout nouveau domaine de narration, d’interactivité et d’immersion. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère."
L.A. NOIREEditeur: Rockstar GamesDisponible sur PS3 et Xbox 360Prix: 55€cliquez ici
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